d’après peinture – monotypes

Monotypes

 

 

A l’origine de ce travail, j’ai trouvé aux puces, en 2014, une gravure reproduisant la descente de croix de Rubens, que j’ai copiée par admiration pour sa composition. En la dessinant, j’ai été frappée par le sujet — la chute de ce corps mort (du christ) retenu de la dégringolade par un groupe de personnages. D’abord la représentation de la mort, de ce corps mort, si terrible. Et puis ce corps si présent (dans sa chair) dans sa sensualité. Et le groupe massé autour de lui, qui le retient des mains et le touche. La chute du corps en diagonal, comme une cascade. Le rythme en boucle, le noir, l’ombre qui sculpte les corps.

Dans les monotypes que j’ai faits par la suite à partir de ce tableau, j’ai découvert une certaine relation avec les images photographiques de presse (que par ailleurs je conservais), des destructions et massacres en Syrie de ce début 2014. Je pense que cette relation réside dans la violence de l’image représentée dans la descente de croix.
Il y a aussi une ambiguïté dans cet amalgame de personnages réunis : réunion d’un groupe d’amis autour de la dépouille d’un proche ? Ou pugilat, mêlée, tas, orgie ?

Ce qui m’a motivée, ce n’est pas tant les représentations de l’image de Dieu, qu’un intérêt pour l’histoire de l’art et des formes, de la représentation et de la mémoire que cette image représente encore aujourd’hui, en lien surtout avec les images que nous voyons actuellement.

La gravure du tableau de Rubens a initié toute une série de monotypes. J’ai travaillé aussi par la suite sur d’autres représentations de la descente de croix chez différents artistes.
Toute la première partie du travail est en noir et blanc, traitée la plupart du temps en utilisant la trace de mes doigts comme outil. Plus récemment, j’ai travaillé en couleur sur une toile du Rosso qui se trouve à Voltera. C’est une toile maniériste que je trouve plus distanciée et plus formelle. La scène est découpée par le bleu du ciel et le Christ est vert. Pour ces monotypes, j’ai travaillé au pinceau.

Merci à Rubens, Titien, Rembrandt, Rosso Fiorentino, Pasolini – La Ricotta-

T.H.

 

 

 

Voir l’exposition